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Séance et praticiens

Comment choisir un praticien en hypnose sans se tromper

N'importe qui peut se dire praticien en hypnose. Cela ne veut pas dire qu'il faut se méfier de tout le monde, mais qu'il vaut mieux savoir quoi vérifier. Voici les repères que nous utiliserions nous-mêmes avant de prendre rendez-vous.

· 5 min de lecture

Carnet à spirale, stylos et tasse de café sur une table en bois

Taper « hypnose » suivi du nom de sa ville dans un moteur de recherche fait apparaître des dizaines de noms. Des sites bien présentés, des avis élogieux, des intitulés qui se ressemblent tous. Difficile de savoir qui a suivi quelle formation, et à qui l'on va confier une heure de son attention. Voici les repères que nous utiliserions nous-mêmes pour faire le tri, sans paranoïa mais sans naïveté.

Un titre que tout le monde peut utiliser

Premier point à connaître : en France, ni le mot « hypnose » ni le titre d'« hypnothérapeute » ne sont protégés. Concrètement, n'importe qui peut ouvrir un cabinet et se présenter ainsi, après une formation de plusieurs années, de quelques week-ends, ou sans formation du tout. Les certificats délivrés par des écoles privées n'ont pas de valeur officielle commune : certains reposent sur des cursus sérieux, d'autres beaucoup moins, et vu de l'extérieur, il est difficile de faire la différence.

Cela ne signifie pas que tous les praticiens qui ne sont pas professionnels de santé sont à éviter. Cela signifie que l'intitulé seul ne garantit rien, et qu'il faut poser quelques questions.

Les diplômes universitaires d'hypnose médicale

À côté des formations privées, plusieurs universités françaises proposent des diplômes universitaires (DU) ou interuniversitaires (DIU) d'hypnose médicale ou clinique. Ils sont en général réservés aux professionnels de santé : médecins, infirmiers, psychologues, chirurgiens-dentistes, kinés, sages-femmes. Ces cursus mêlent enseignements théoriques, pratique encadrée et rédaction d'un mémoire, sur une ou deux années.

Un praticien passé par ce type de formation exerce d'abord son métier de santé, et utilise l'hypnose comme un outil parmi d'autres, dans les limites de ses compétences. Un dentiste s'en servira au fauteuil, une infirmière anesthésiste au bloc, un psychologue dans ses consultations. C'est aussi ce profil que l'on retrouve le plus souvent dans les services hospitaliers, comme nous l'expliquons dans notre article sur l'hypnose proposée à l'hôpital.

Vérifier qu'un professionnel de santé est bien inscrit

Si la personne se présente comme médecin, infirmière, dentiste, sage-femme ou kiné, cela se vérifie en quelques minutes. Les professionnels de santé sont recensés dans l'Annuaire Santé public, où l'on peut chercher par nom, profession et commune. Selon les professions, l'inscription à un ordre professionnel est aussi obligatoire.

Si un nom n'apparaît pas alors que la personne affiche un titre de santé, posez-lui la question simplement : une erreur de saisie ou un changement de nom, cela arrive. Une réponse floue ou agacée est en revanche un indice à garder en tête.

Pour un praticien qui n'est pas professionnel de santé, il n'existe pas d'annuaire équivalent. On s'appuie alors sur la transparence de son parcours et sur la façon dont il répond à vos questions.

Les questions à poser au premier contact

Un appel ou un premier échange par message suffit souvent à se faire une idée. Quelques questions utiles :

  1. Quelle est votre formation ? Où, pendant combien de temps, avec quelle pratique encadrée. Une réponse précise est bon signe.
  2. Quel est votre métier de base ? Professionnel de santé ou non, ce n'est pas la même chose, et un praticien honnête le dit sans détour.
  3. Comment se passe une séance, et combien de séances envisagez-vous ? Un repère prudent, du type « quelques séances, puis on fait le point », vaut mieux qu'un programme fermé.
  4. Que faites-vous si ma demande dépasse votre champ ? Savoir orienter vers un médecin ou un psychologue fait partie du sérieux du métier.
  5. Acceptez-vous de travailler en lien avec le médecin qui me suit, si je le souhaite ?

Notre article sur ce qui se passe pendant une séance vous aidera à savoir à quoi vous attendre, et donc à repérer ce qui sort de l'ordinaire.

Prix et transparence

Les tarifs varient beaucoup selon les régions et les profils. Ce qui compte surtout, c'est la clarté : le prix doit être annoncé avant le rendez-vous, affiché ou communiqué sans difficulté, et vous devez savoir ce qu'il comprend, notamment pour une première séance plus longue.

Quelques points à garder en tête :

  • en dehors de l'hôpital, les séances ne sont généralement pas prises en charge ; certaines complémentaires santé participent dans le cadre de forfaits dits « médecines douces », à vérifier dans votre contrat ;
  • un forfait de nombreuses séances à régler d'avance est un signal à prendre au sérieux ;
  • une facture ou un reçu doit pouvoir vous être remis sans discussion.

Les signaux d'alerte

Certains comportements doivent faire réfléchir, quel que soit le diplôme affiché :

  • une promesse de résultat, ou l'affirmation qu'un problème de santé va disparaître ;
  • la demande d'arrêter un suivi médical ou un médicament, ou de ne plus en parler à son médecin ;
  • des forfaits chers payés d'avance, des « offres » limitées dans le temps, une pression pour décider vite ;
  • l'éloignement de l'entourage : on vous suggère que vos proches « ne comprennent pas », qu'il vaut mieux ne pas leur en parler ;
  • un discours de vérité cachée : la médecine mentirait, seul ce praticien saurait ;
  • des séances qui se multiplient sans jamais faire le point.

Un de ces signaux isolé peut relever de la maladresse. Plusieurs ensemble justifient de prendre ses distances. Si vous avez le sentiment qu'un proche est sous l'emprise d'un praticien, ou que des pratiques glissent vers la dérive, la Miviludes, la mission interministérielle chargée de la vigilance face aux dérives sectaires, recueille les signalements et publie des informations à destination du public.

La relation compte aussi

Au-delà des diplômes, le bon praticien est aussi quelqu'un avec qui vous vous sentez à l'aise. Il écoute, il explique, il accepte vos questions et vos réticences, il ne se vexe pas si vous décidez de ne pas revenir. Il ne se présente pas comme le détenteur d'un pouvoir particulier sur l'esprit des autres. Beaucoup d'images trompeuses circulent à ce sujet ; nous en démontons quelques-unes dans notre article sur les clichés qui entourent l'hypnose.

Si une première séance vous a laissé un malaise, prenez-le en compte. Changer de praticien n'a rien d'un échec, et personne ne devrait vous le reprocher.

Quelle que soit la personne choisie, son rôle s'inscrit à côté de celui de votre médecin : un praticien digne de confiance ne vous demandera jamais de choisir entre les deux.