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Sept idées reçues sur l'hypnose passées au crible

Le cinéma, les spectacles et les vidéos virales ont forgé une image de l'hypnose qui fait autant fantasmer que peur. Nous avons repris les sept croyances que l'on entend le plus souvent, pour démêler le vrai du romanesque.

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Livre ouvert posé au milieu de piles de livres dans une bibliothèque sombre

Il suffit de dire autour d'une table qu'on a essayé l'hypnose pour voir les réactions fuser. Quelqu'un demande si l'on a « caqueté comme une poule ». Un autre assure que ça ne marcherait jamais sur lui, parce qu'il a « trop de caractère ». Un troisième raconte l'histoire d'un cousin resté coincé dans un état bizarre. Ces récits ont la vie dure, et ils empêchent souvent de comprendre de quoi il s'agit. Reprenons-les un par un.

1. « Sous hypnose, on perd le contrôle »

C'est de loin la crainte la plus répandue, et la plus compréhensible. L'image du sujet qui obéit à tout, nourrie par les films, laisse penser qu'on remet sa volonté entre les mains d'un autre.

En réalité, la personne sous hypnose reste présente. Elle entend ce qui se dit, elle peut parler, bouger, ouvrir les yeux et refuser une suggestion qui ne lui convient pas. Les professionnels le constatent régulièrement : une proposition qui heurte les valeurs ou l'envie du moment est tout simplement ignorée, ou fait sortir de l'état hypnotique. On ne fait rien sous hypnose qu'on refuserait de faire éveillé.

Ce qui peut donner une impression de perte de contrôle, c'est le lâcher-prise : on accepte de ne plus tout surveiller, de laisser venir les images. Mais c'est un choix, un peu comme se laisser porter par un film sans chercher à repérer les trucages. Ce qui se passe réellement pendant cet état est décrit plus en détail dans notre article sur l'attention focalisée et le ressenti en séance.

2. « On dort pendant la séance »

Les yeux fermés, la respiration lente, le corps immobile : de l'extérieur, une personne sous hypnose peut sembler endormie. Le mot lui-même, tiré du grec hypnos, entretient la confusion.

Pourtant, il ne s'agit pas de sommeil. Une personne endormie ne suit pas une consigne et ne répond pas à une question. Sous hypnose, elle le fait. L'activité du cerveau, mesurée par les chercheurs, ne ressemble pas non plus à celle du sommeil. Il arrive bien sûr qu'on s'assoupisse, surtout après une journée longue, mais on bascule alors dans un sommeil ordinaire, et le praticien le remarque en général assez vite.

3. « On ne se souvient de rien »

Au réveil, le sujet ne saurait plus rien de ce qu'il a vécu : c'est un ressort classique de la fiction. Dans la pratique, la grande majorité des gens se rappellent l'essentiel de leur séance, parfois avec une impression de flou sur certains passages, comme après une rêverie ou un moment d'absorption dans un livre.

Une amnésie partielle peut survenir chez certaines personnes très réceptives, ou lorsqu'elle est suggérée explicitement, mais elle reste rare, légère et passagère. Beaucoup de praticiens prennent d'ailleurs un temps à la fin pour échanger sur ce qui a été vécu, justement parce que les souvenirs sont là.

4. « Seules les personnes faibles ou crédules sont hypnotisables »

Voilà l'idée reçue qui fait dire à certains, avec une pointe de fierté, que « ça ne marcherait pas sur eux ». Elle ne correspond pas à ce que montrent les recherches sur la réceptivité à l'hypnose.

Cette réceptivité varie d'une personne à l'autre, mais elle n'a rien à voir avec l'intelligence, la volonté ou la naïveté. Elle semble surtout liée à une capacité d'absorption : ceux qui se plongent facilement dans un film, un roman ou une rêverie entrent souvent plus aisément dans l'état hypnotique. La plupart des gens se situent dans une zone moyenne. Avoir une forte personnalité ne protège de rien, et être réceptif ne dit rien de sa solidité.

5. « On peut rester bloqué sous hypnose »

L'histoire du cousin coincé revient souvent. Elle est rassurante à démonter : personne ne reste « enfermé » dans l'hypnose. Si le praticien s'interrompait au milieu d'une séance, la personne reviendrait d'elle-même à son état habituel au bout de quelques minutes, ou glisserait dans un sommeil léger dont elle se réveillerait normalement.

Il peut arriver qu'on se sente un peu cotonneux au sortir d'une séance, comme après une sieste. C'est pour cela qu'un professionnel prend le temps d'un retour progressif, en invitant à bouger, à respirer plus amplement, à ouvrir les yeux à son rythme. Mieux vaut aussi garder quelques minutes avant de reprendre le volant.

6. « C'est magique, ou au contraire c'est du vent »

Deux croyances opposées, qui se trompent de la même façon. L'hypnose n'a rien de surnaturel : elle s'appuie sur des capacités ordinaires d'attention, d'imagination et de suggestion, que chacun utilise sans y penser. Il n'y a ni fluide mystérieux, ni pouvoir particulier du praticien.

À l'inverse, dire que « c'est du vent » ne tient pas davantage. L'état hypnotique est observable, l'imagerie cérébrale montre des modifications d'activité dans certaines régions du cerveau, et la recherche publique s'y intéresse sérieusement. Elle trouve des résultats encourageants dans quelques situations précises et des données insuffisantes pour la plupart des autres. Méfiance donc envers tout discours qui promet des résultats spectaculaires sur un problème de santé : l'hypnose ne prend jamais la place d'un suivi médical, elle peut au mieux l'accompagner.

7. « Ça marche du premier coup, ou jamais »

On attend parfois de la première séance un basculement spectaculaire, et l'on repart déçu parce qu'on a « tout entendu ». C'est pourtant l'expérience la plus fréquente. Entrer dans l'état hypnotique s'apprend en partie : la deuxième ou la troisième séance permettent souvent de se laisser aller plus facilement, parce que la situation est devenue familière et que la méfiance est retombée.

Le contexte joue aussi beaucoup. La confiance envers la personne qui guide, la fatigue du jour, le confort du fauteuil ou le simple fait d'arriver pressé changent le ressenti. Une séance décevante ne dit pas grand-chose de la suivante, et il est tout à fait légitime de changer de praticien si le courant ne passe pas. Pour faire ce choix, quelques repères aident à vérifier la formation d'un hypnothérapeute avant de prendre rendez-vous, le titre n'étant pas protégé en France.

Ce qui reste quand on a écarté les clichés

Une fois ces croyances mises de côté, l'hypnose apparaît pour ce qu'elle est : un état d'attention particulier, accessible à beaucoup, sans danger dans un cadre sérieux, ni pouvoir occulte ni simple comédie. Elle se rapproche par certains aspects d'autres méthodes de détente, sans s'y confondre, et nous avons détaillé ce qui distingue sophrologie, relaxation et hypnose pour ceux qui hésitent entre plusieurs approches.

Le meilleur moyen de se faire une idée reste souvent d'essayer, avec quelqu'un de formé, en posant toutes ses questions avant de commencer.