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Comment se passe une séance d'hypnose, de l'accueil au retour
Pas de pendule ni de claquement de doigts. Une séance d'hypnose ressemble d'abord à une conversation, puis à un moment de concentration guidée. Voici ce qui se passe, étape par étape, et ce qui est considéré comme normal.
· 6 min de lecture

Beaucoup de gens arrivent à leur première séance d'hypnose avec des images de spectacle en tête : un pendule qui oscille, un claquement de doigts, quelqu'un qui s'effondre d'un coup sur sa chaise. La réalité est beaucoup plus calme, et assez peu spectaculaire. Une séance ressemble d'abord à une conversation, puis à un moment de concentration guidée, puis de nouveau à une conversation. Voici comment cela se déroule le plus souvent, avec les variations qu'on rencontre d'un praticien à l'autre.
Si vous voulez d'abord savoir de quoi on parle exactement, notre article sur ce qu'est l'état d'hypnose pose les bases.
Le premier entretien : parler avant tout
La première séance commence presque toujours par un temps d'échange, souvent plus long qu'on ne l'imagine. Le praticien demande ce qui vous amène, ce que vous attendez, ce que vous avez déjà essayé. Il s'intéresse à votre histoire, à votre quotidien, à ce qui vous apaise et à ce qui vous crispe. Certains prennent des notes, d'autres non.
C'est aussi le moment de poser le cadre. Un praticien sérieux précise ce qu'il fera et ce qu'il ne fera pas : il ne pose pas de diagnostic s'il n'est pas médecin, il ne vous demande pas de modifier un suivi en cours, il ne promet pas de résultat. Il peut vous demander si vous êtes suivi par un médecin, et pour quoi, afin de savoir si l'hypnose a sa place dans votre situation. Il arrive qu'il juge qu'elle n'est pas indiquée et qu'il vous le dise franchement : c'est plutôt bon signe.
De votre côté, profitez-en pour tout demander :
- combien de temps dure la séance, et combien elle coûte ;
- comment il travaille, avec quel type de formation ;
- ce qui se passe si vous voulez interrompre ;
- s'il enregistre ou non la séance.
Les questions qui aident à repérer un professionnel fiable sont détaillées dans notre guide pour bien choisir la personne qui vous accompagne.
L'installation
Vient ensuite l'installation. Selon les cabinets, on s'assoit dans un fauteuil confortable, parfois inclinable, plus rarement on s'allonge. On peut desserrer une ceinture, retirer ses lunettes, poser son téléphone en mode silencieux. Rien n'oblige à fermer les yeux : beaucoup de gens le font naturellement au bout de quelques minutes, d'autres préfèrent fixer un point sur le mur.
Le praticien explique souvent ce qu'il va faire. Il peut proposer un signal convenu, par exemple lever un doigt, pour indiquer que tout va bien ou au contraire qu'on veut faire une pause. Ce simple repère rassure beaucoup de personnes, surtout la première fois.
L'induction : focaliser l'attention
L'induction est la phase qui permet de passer d'une attention ordinaire, dispersée, à une attention plus concentrée et absorbée. Il n'existe pas une seule façon de faire. Le praticien peut vous inviter à porter votre attention sur votre respiration, sur les sensations de votre corps posé dans le fauteuil, sur un point du plafond, sur une image ou un lieu que vous aimez. Sa voix devient souvent plus lente, plus régulière.
Ce qu'on ressent varie énormément d'une personne à l'autre. Certains décrivent une lourdeur dans les bras, d'autres une légèreté, d'autres encore l'impression de flotter ou de ne plus bien sentir les contours de leur corps. Certains n'ont pas du tout l'impression d'avoir « décroché » et sont surpris, à la fin, de constater que quarante minutes ont passé. Tout cela entre dans ce qui est considéré comme normal.
Un point rassure souvent : on n'est pas endormi. On entend les bruits de la rue, la sonnerie d'un téléphone au loin, et on peut y réagir. On garde la capacité de parler, de bouger, d'ouvrir les yeux, de dire non.
La phase de travail
Une fois cet état installé, le praticien propose ce qu'on appelle souvent la phase de travail. Son contenu dépend de ce qui a été convenu lors de l'entretien. Il peut s'agir d'imaginer une situation qui vous met mal à l'aise en la regardant d'un peu plus loin, de retrouver la sensation d'un moment où vous vous sentiez bien, de construire une image ou un geste qui vous servira de repère plus tard. Le langage est en général imagé, avec des métaphores, des petites histoires, des suggestions formulées de façon ouverte plutôt que des ordres.
Il arrive qu'on vous pose des questions et que vous répondiez à voix basse. Il arrive aussi qu'une émotion remonte, une larme, un rire. C'est fréquent et cela ne veut pas dire que quelque chose se passe mal. Si une image vous dérange, vous pouvez la laisser de côté, le signaler, ou simplement ouvrir les yeux.
Le retour et l'échange après
Le retour se fait progressivement. Le praticien vous invite à reprendre contact avec la pièce, à bouger les mains, à respirer un peu plus amplement, puis à ouvrir les yeux quand vous êtes prêt. Les premières secondes, on peut se sentir légèrement engourdi, comme au sortir d'une sieste, ou au contraire très clair. Mieux vaut prendre une minute avant de se lever, et attendre un peu avant de reprendre le volant si l'on se sent encore cotonneux.
Vient ensuite un nouvel échange. Le praticien vous demande ce que vous avez ressenti, ce qui vous a gêné, ce qui vous a semblé agréable. Ce retour l'aide à ajuster la séance suivante. Certains proposent un petit exercice à refaire chez soi, une forme d'auto-hypnose de quelques minutes : vous trouverez des pistes dans notre article sur l'auto-hypnose face au stress du quotidien.
Durée, nombre de séances : des repères prudents
Une séance dure le plus souvent entre trois quarts d'heure et une heure, la première étant parfois plus longue à cause de l'entretien. Le nombre de séances, lui, varie beaucoup selon la demande et selon les personnes. Beaucoup de praticiens évoquent quelques séances, espacées d'une à plusieurs semaines, avant de faire le point ensemble. Un engagement sur un grand nombre de séances décidé dès le premier rendez-vous, surtout s'il faut payer d'avance, doit vous inciter à la prudence.
Il n'y a pas non plus de règle sur le fait de « réussir » ou non. Certaines personnes trouvent l'expérience agréable sans pouvoir dire si elle a changé quelque chose, d'autres rapportent un mieux-être, d'autres encore n'accrochent ni avec la méthode ni avec le praticien. Les trois cas sont fréquents, et aucun ne dit quoi que ce soit de votre « capacité » à être hypnotisé.
Le droit de s'arrêter, à tout moment
C'est un point qui mérite d'être répété : pendant une séance, vous gardez la main. Vous pouvez ouvrir les yeux, demander une pause, dire qu'une suggestion ne vous convient pas, mettre fin à la séance. Une personne sous hypnose ne fait rien contre sa volonté, et un professionnel respectueux ne s'en offusque pas. Ce droit vaut aussi entre les séances : vous n'avez pas à justifier votre décision de ne pas revenir.
Beaucoup de craintes viennent d'images héritées du spectacle ou du cinéma. Nous faisons le tri dans notre article sur les idées reçues autour de l'hypnose.
Si vous consultez pour une question qui touche à votre santé, gardez en tête que l'hypnose se pratique à côté de votre médecin, pas à sa place : elle peut s'ajouter à un suivi, elle ne le remplace jamais.


